A Vallorbe, la "Taxe sur le voyage" gâche les vacances !

En ce vendredi 10 avril 2026, le printemps est là. Mais à la Gare Internationale de Vallorbe, ce ne sont pas les fleurs qui éclosent, ce sont les papillons de la police municipale. Des amendes qui fleurissent sur les pare-brises de citoyens, de touristes et de travailleurs qui ont eu le malheur de vouloir privilégier le rail.

Le paradoxe de la prune

Alors que la nouvelle législature débute, une question se pose : quelle image Vallorbe veut-elle renvoyer ? Celle d’une cité accueillante, porte d’entrée helvétique vers Paris, ou celle d’une commune qui transforme le manque d’infrastructures en source de revenus ?

Le constat est flagrant : le parking CFF de la Gare du Day crie famine. Censée être notre nouveau « nœud ferroviaire », le parking y est sous-dimensionné. Résultat ? Un report massif sur la gare de Vallorbe. Et là, c’est la double peine : non seulement le tarif y est plus élevé (8 CHF contre 5 CHF), mais quand le parking est plein, la seule réponse de l'autorité est la sanction. Les photos ci-dessous le prouvent : lors des vacances scolaires, de nombreux suisse-romands viennent à Vallorbe, un lieu apprécié pour son accès facile au TGV.

On ne peut pas demander aux gens de sauver la planète le matin et les amender pour avoir choisi le train l'après-midi.

La cohérence contre le zèle

Le Syndic s’est souvent battu avec ferveur pour maintenir la ligne TGV Vallorbe-Paris et assurer une fréquence intéressante. A mon sens, c'est un atout majeur pour la région et un atout historique important. Punir le stationnement « hors cases » qui ne gêne personne, alors que les infrastructures sont saturées, c’est du zèle administratif, pas de la politique de mobilité.

Vallorbe est une terre de passage et de cohabitation. Les travailleurs frontaliers, qui contribuent à notre économie, et les touristes de Pâques méritent mieux qu'un accueil à coup de procès-verbaux.

Trois pistes pour demain

Pour passer de la répression à l'action, je suggére trois axes concrets :

  1. La trêve du bon sens : Demander à la police municipale une tolérance accrue lorsque le parking affiche complet, tant qu'aucune entrave à la sécurité n'est constatée et que la place de parking est payée (CFF P+R).

  2. L’extension nécessaire : Créer rapidement quelques places supplémentaires pour absorber les pics de fréquentation. Cinq à dix places suffiraient déjà.

  3. Une réunion de la mobilité : Organiser une rencontre matinale sur site avec les CFF pour harmoniser enfin les tarifs et les capacités entre Le Day et Vallorbe. Espérer un temps pluvieux et froid, pour mettre en valeur les avantages de la gare de Vallorbe (espace chauffé dans le hall, buffet de la gare, quais abrités). A contrario, la gare du Day, sensée être "un noeud ferroviaire", ne propose qu'un abri-bus minable, un distributeur Selecta et une infobésité numérique, avec ses bornes d'information gigantesques et parfaitement redondantes, côte à côte.

Amender sans réfléchir, c'est démolir l'image de Vallorbe.

La mobilité douce ne doit pas être une punition, mais une ambition partagée. Nous attendons de nos nouveaux élus qu’ils transforment ces « prunes » de Pâques en une véritable politique d'accueil. Cela contribuerait aussi à une ligne de TGV plus facilement empruntée, au profit de discussions avec la société Lyria.

 

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